école, enfance, RYE, Un peu de tout, yoga, yoga à l'école

Du yoga pour être mieux dans sa tête et mieux apprendre

Découvrez le reportage réalisé par France 3 Île-de-France dans le cadre de la Semaine du yoga dans l’éducation au sein de deux collèges de la région : dans le 20ème arrondissement de Paris et à Villejuif (94).

à découvrir ICI

 

 

 

école, enfance, Recherche sur le Yoga dans l'éducation, RYE, Un peu de tout, yoga, yoga à l'école

La semaine du yoga dans l’éducation

Si vous y participez, merci de me le tenir au courant.

Découvrir le « Yoga à l’école »

  • Une association : L’association RYE (Recherche sur le Yoga dans l’Education) propose des formations pour enseignants tout au long de l’année, et lors d’un séminaire d’été. Elle a des branches en Belgique et en Italie.
  • plusieurs livres: voir ma bibliothèque

respiration du thorax

atelier relaxation, pause-relax en famille, relaxation, Un peu de tout, yoga

Atelier détente et yoga à la bibliothèque de Berchem-Ste-Agathe

Lundi après-midi, j’avais rendez-vous pour un atelier détente et yoga à la baraque à livres dans le parc Pirsoul. La baraque à livres c’est une initiative de la sympathique bibliothèque de Berchem-Ste-Agathe. Chaque été un joli kiosque s’installe dans le parc pour faire découvrir des livres aux enfants et des animations (tranquilles) sont aussi proposées.

Pas de chance, malgré la construction « rapidos » d’une tente agrémentée de beaux coussins en cas de quelques gouttes, la pluie en avait décidé tout autrement.

Nous nous sommes donc retrouvés sur la pelouse verte de la bibliothèque au milieu des livres.

Une belle animation tout public. Deuxième édition le lundi 21 août sur la pelouse du parc Pirsoul. Cette fois le soleil sera au rendez-vous. Croisons les doigts.

biblioberchemStAgathe2

 

Un peu de tout, yoga, yoga à l'école

Comment faire méditer les enfants ?

Ecrit par Pascale SENK

Paru dans Le Figaro du 10 octobre 2016

Les bienfaits de l’assise et du silence enseignés dès le plus jeune âge sont désormais scientifiquement prouvés. Encore faut-il bien les utiliser.

         SEVE. Comme la sève qui aide les arbres à s’élever. Tel est le nom de la Fondation Savoir Etre et Vivre Ensemble qui désormais fédère toutes les initiatives visant à promouvoir l’attention chez les enfants. Conçue et impulsée par Martine Roussel-Adam et le philosophe Frédéric Lenoir, placée sous l’égide de la Fondation de France, elle va notamment permettre la formation d’adultes qui initieront les jeunes enfants, dans le cadre scolaire, à la méditation et à la philosophie. « Un renouvellement de l’éducation » annoncent ses créateurs.

Ce recours à la méditation auprès d’enfants souvent considérés comme de plus en plus agités et hyperactifs apparaît désormais comme le sésame qu’attendaient des parents et enseignants déboussolés par cette génération « digitale ». On ne compte plus les manuels imitant le premier à avoir été reconnu par le grand public, «Calme et attentif comme une grenouille» de la thérapeute néerlandaise Eline Snel (ed les Arènes, vendu à plus de 120 000 exemplaires). Les enfants sont invités à être « sereins », à avoir « un cœur tranquille et sage ». Des contes, mais aussi des relaxations guidées, deviennent des outils  permettant de leur apprendre à « revenir à l’intérieur d’eux–mêmes ».

Bien sûr, cela a tout d’un effet de mode et, comme le note le psychiatre Alain Braconnier, qui reçoit des enfants et adolescents depuis plusieurs décennies, « chaque époque a sa mode venant colorer un intérêt légitime pour l’enfant ».

Il se trouve aussi qu’en matière de méditation, celle-ci, qui suscitait énormément de méfiance quand elle était transmise par des traditions spirituelles – des parents faisant méditer leurs enfants couraient le risque d’être dénoncés comme appartenant à une secte –  se retrouve aujourd’hui dotée de mille vertus, toutes prouvées scientifiquement. Sa pratique régulière permet donc (en vrac et dans un relevé non exhaustif..) de compléter avantageusement les traitements anxiolytiques chez les ados, de diminuer les sentiments dépressifs chez les étudiants, d’améliorer la qualité de vie des personnes atteintes d’inflammation du colon, et de réduire l’isolement des seniors…. Pourquoi, dès lors, ne pas l’enseigner dès le plus jeune âge ?

Désormais, et notamment dans les pays anglo-saxons, la méditation est rentrée dans les écoles où elle offre même une alternative bienvenue aux traditionnelles « heures de retenue » pour les élèves les plus turbulents. A l’école primaire Robert W. Coleman de Baltimore, aux États-Unis, on enseigne à ces enfants la pratique de la méditation et les exercices de respiration, tout en les encourageant à parler à des comportementalistes.

En France, l’agrément accordé en 2013 à la pratique du yoga en classe a permis l’initiation de pratiques méditatives aux plus jeunes. Comme le rappelle Jacques de Coulon, philosophe qui, avec Micheline Flak, dès 1978, a conçu ces programmes puis écrit Le Manuel du yoga à l’école  (Payot), « méditer c’est tout simplement être attentif et pour Simone Weil, notamment,  le but des écoles était justement de permettre le développement de l’attention ». Pour cet expert, il est possible de faire méditer un enfant en écoutant le chant des oiseaux lors d’une promenade, ou en marchant de manière consciente, en lui apprenant juste à être conscient de son souffle et de son corps… « Attention, prévient-il, cela doit rester du plaisir. Si on force l’enfant à rester immobile ou à regarder un grain de riz pendant de longues séances,  on court le risque d’ajouter une activité « de contrainte » à son agenda déjà très chargé ! ».

Autre bémol, celui relevé par Alain Braconnier concernant des parents qui, rêvant eux mêmes d’être moins stressés, font preuve « d’adulto-morphisme » en projetant leur propre besoin de calme sur leur progéniture. Le risque serait alors qu’ils essaient de convaincre les plus jeunes d’une pratique qui serait à prendre comme un procédé magique : « La capacité à s’intérioriser, à rentrer à l’intérieur de soi pour contacter son imaginaire et rêvasser, tout enfant l’a naturellement ! Et lorsqu’il est anxieux et stressé, il  a besoin de faire du sport, de jouer et surtout de se sentir accompagné » rappelle le psychiatre.

Pas de forçage donc, pas de séances trop longues mais l’apprentissage d’une technique d’hygiène de vie très simple : savoir se reconnecter à son corps et à sa respiration pour apaiser son esprit…Telles sont les formes que peut prendre cette initiation aux plus jeunes. En n’oubliant pas qu’avec les plus petits, l’imitation des postures des animaux, amusante, est une source d’inspiration majeure.

Pascale SENK

relaxation, Toucher, yoga, yoga à l'école

Quelques nouveaux livres dans ma bibliothèque

Je l’attendais depuis longtemps: l’adaptation française du livre de Marijke Sluijter « Aanraken een levensbehoefte » est enfin sorti de presse ( chez Chroniques sociales)

« Le toucher un besoin vital. Stimulation tactile à l’école et en centre d’accueil »

Ce grand travail de traduction et d’adaptation c’est Bernadette Colard qui s’en est chargée pendant de longs mois avec en final la complicité de quelques amis correcteurs. Pour mieux diffuser le livre Bernadette a créé un blog.  Allez le découvrir: il y a quelques pages en présentation.

Le livre est très inspirant, j’y ai puisé pas mal d’idée d’activités. Et puis ce qui n’est pas commun, il propose aussi des exercices pour les plus grands, pour les ados, avec des recommandations utiles pour aborder le toucher avec cette tranche d’âge.

Autre livre : « Pour une enfance heureuse. Repenser l’éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau » de Catherine Gueguen, pédiatre, spécialisée  dans le soutien à la parentalité. Véritable plaidoyer en faveur d’une éducation bienveillante qui remet en cause nombre d’idées reçues. Un très bon livre avec une bibliographie complète et les références scientifiques (chez Pocket)

Un petit livre trouvé chez Jouvence: « Relaxation et détente des enfants. Un chemin pour grandir » de Philippe Barraqué. Sa particularité ? Philippe Barraqué est musicologue, musicothérapeute et chanteur. Il initie les futurs enseignants aux méthodes de relaxation par les thérapies vocales. Il encourage la relaxation parents-enfants, le chant, les comptines. Les exercices sont plutôt adressés aux familles.

Un livre un peu « fourre-tout » de France Hutchison (chez Béliveau) « 100 jeux avec Namasté. pour la concentration, les émotions et la socialisation des enfants ». Illustré de photos et de dessins.

Un peu fourre-tout car elle brasse large: thérapie des couleurs, chakras, feng shui, pouvoir du son, yoga du rire, massages … mais j’ai un faible pour son petit singe Namasté. Il existe aussi un site en français : peda yoga

Et pour terminer un livre en Néerlandais: « Nelsons Yogaboek. Een doe-het-samen-boek met 24 yogaspelletjes voir kleine en grote avonturiers » de Leen Demeulenaere et Laura Van Bouchout avec les illustrations de Emma Thyssen. Un chouette livre avec plein d’idées d’ateliers bien-être.

Voilà parmi les plus intéressants (ça n’engage que moi), car quel foisonnement dans la parution de livres sur le bien-être des enfants… pas simple de choisir ! Preuve s’il en est que le sujet est bien diffusé, c’est plutôt bon signe. Si vous trouvez d’autres livres dignes d’intérêt, merci de me le faire savoir par l’intermédiaire de ce blog.

Bel été à tous et toutes.

cropped-3258-terres-dans-le-ciel-wallfizz1.jpg

 

adolescent, Un peu de tout, yoga

Du yoga pour éviter la prison

Extrait de la rubrique Yes They Can de Kaizen 10.

A New York et en Californie, des mineurs déclarés coupables de crimes bénéficient d’un programme unique. Le juge peut les condamner… à prendre part à des sessions de méditation. A la moindre incartade, ils sont incarcérés. Reportage.

K10 YTC (2)« Retirez votre casquette et vos écouteurset remontez votre pantalon », indique le panneau à l’entrée de Fortune, un centre d’aide à la réinsertion. Situé sous un entrelacs de routes aériennes et de rames de métros du Queens, ce centre a mis en place en programme novateur, Lineage. L’idée est simple : apprendre à  des mineurs déclarés coupables de crimes à gérer leur stress et maîtriser leur colère. Les juges new-yorkais envoient 1400 jeunes par an s’initier aux techniques de relaxation au lieu de les condamner à croupir derrière les barreaux. Seuls seront sélectionnés ceux dont ils pensent que cette initiative leur sera profitable. La sentence a été prononcée, les ados connaissent le nombre d’années qu’ils auraient à passer en prison s’ils ne respectaient pas toutes les composantes du programme de la seconde chance. Aussi tous sont-ils volontaires pour accepter cette option…

« Je ne sais pas ce qu’ils ont fait, déclare Jade, l’une des professeurs de yoga. Je ne me permettrais pas de demander et je ne le croirais certainement pas. C’est du passé. » A., [la loi américaine n’autorise à divulguer ni le nom ni le visage des jeunes, ndlr] un Latino timide,confirme : « Je m’énerve moins vite qu’avant. Une fois dans le métro quelqu’un m’a poussé : j’ai inspiré, expiré, puis l’énervement était passé. J’ai appris à réfléchir avant d’agir ». Une capacité qui, gagent les juges, les tiendra à l’écart du système judiciaire à l’avenir.

Lorsqu’ils arrivent dans les locaux, beaucoup ne tiennent pas en place, tapotent frénétiquement sur leur smartphone et agitent compulsivement les genoux. Si tous sont – ou du moins étaient – des caïds des quartiers les plus difficiles de New York, ils ont aussi cette allure propre aux ados. Dos voûté, regard fuyant. Après une heure de yoga, ils sont visiblement plus calmes.

Ecouter. Prendre conscience. Proposer.

Le bol chantant annonce le début de la session de méditation de Pleine conscience (mindfulness). Thème du jour : le stress. « Où le ressentez-vous ? » En cercle, ils prennent la parole un à un, globalement attentifs. Les joues, le torse, le dos. Chacun y va de son témoignage. « C’est génial que vous soyez déjà conscients de ça ! » ponctue la prof, toujours encourageante. « Et que faites-vous pour aller mieux ? » Réponse unanime : « Fumer un joint ». La prof Chia-Ti s’en amuse : « Effectivement, c’est efficace, mais vous verrez qu’on peut arriver quasiment aux mêmes sensations en exerçant son souffle. » Toute la philosophie des sessions est là : écouter. Prendre conscience. Proposer. Ne jamais juger. V., 19 ans, a appris beaucoup : « les gens nomment les choses différemment, réagissent différemment. Avant, je ne faisais pas attention à ce que les autres disaient », résume t-il.

Le programme de réinsertion soumet les jeunes à d’autres obligations : voir leur conseiller chaque jour et le juge chaque mois, ne pas boire une goutte d’alcool ni consommer de drogue (ils sont soumis à des analyses chaque semaine) ou encore ne pas sortir après 21 heures. Outre le yoga, ils suivent des cours de nutrition et d’aide à la recherche d’emploi.

Il faut à A. trois heures de transport pour se rendre à Fortune chaque jour. Parallèlement à cette astreinte, il reprend ses études – il aimerait se lancer dans le business. Pour les financer en partie, il travaille également en tant que serveur. « Tout ça n’est pas si terrible », relativise-t-il, lorsqu’on le questionne sur son emploi du temps chargé.

La position du cadavre

Avant de l’expérimenter, tous ces jeunes voyaient dans le yoga « un truc de meuf ». Un hobby certainement plus approprié aux riches des quartiers aisés qu’à eux. De fait leurs sessions n’ont pas grand-chose à voir avec les cours branchés de Manhattan : ils tiennent les poses dans leurs habits de ville – jean taille très basse ou survêt,  sweat à capuche – et ponctuent chaque exercice d’un « Oh my God » ou « ça tire ! ». Ici il n’y a pas de musique, ils ont déjà bien assez de mal à se concentrer. Le śavāsana, littéralement position du cadavre, allongé sur le sol les yeux fermés, semble la plus difficile pour eux. Beaucoup ne peuvent s’empêcher de lancer des coups d’œil furtifs alentour ou de parler, quand d’autres s’endorment.

Carla Barrett, professeur de sociologie au département Justice pénale de la NYU, étudie l’impact du programme sur ces jeunes. « Au fil des sessions, leur définition de mindful (être conscient) évolue. Initialement, ils parlent de savoir qui est derrière soi, être sur ses gardes. Puis ils élargissent à être attentif à son état émotionnel ». Si son étude n’en est qu’à ses débuts, elle a déjà pu constater les bienfaits de Lineage, qui apprend à « gérer un niveau de stress assez inimaginable : la majeure partie d’entre eux sont épuisés, ont des soucis familiaux, certains sont sans-abri, presque tous doivent composer avec des difficultés financières, des problèmes de dépendance à la drogue, de dépression à des niveaux variables. Leurs quartiers sont des endroits stressants où ils se font régulièrement fouiller par les policiers, et sont toujours susceptibles d’y croiser quelqu’un qui pense (ou qui sait) qu’ils sont membres d’un gang », poursuit t-elle. Carla Barrett note que seule une minorité des jeunes manquent au règlement ; à moins d’une exceptionnelle troisième chance, ceux-là seront envoyés en prison.

Ce jour là, S. vient dire bonjour à la fin du cours. Il y a six mois il découvrait le yoga grâce à Lineage. Une fois, il y a remplacé la prof. « J’ai aimé, et les gens ont aimé aussi », explique t-il sobrement. Il sort d’un entretien d’embauche. En veste de costume, la voix grave, assurée, personne ne croirait qu’il faisait partie du programme il y a si peu. Dorénavant, il suit les stages de formation des professeurs de Fortune. Il est encore en mise à l’épreuve mais d’ici quelques mois, il devrait pouvoir aider d’autres jeunes à s’en sortir.

Texte et photos Christelle Gerand